jeudi 6 mai 2010

2010, c’est l’année du changement


Tout d’abord, le départ du Bengladesh avec l’arrivée en Belgique. Emménagement rue danse, chez « moi ». Un premier rêve qui se réalise puisque je n’avais pas vraiment eu l’occasion d’y poser mes valises à la fin des travaux, en 2008. Cela me donne l’occasion de travailler sur les finitions, de faire les choses « à ma sauce », comme on dit en Belgique. C’est magnifique, la vue sur la place est grandiose, lever du soleil tous les matins sur les cimes des arbres du parc du Wolvendael, c’est bien.
Ensuite, Daniel est parti en Thaïlande, nos routes se séparent. Lucien essaye de s’adapter à cette nouvelle situation. Deux maisons, des parents par monts et par vaux, ça le perturbe un peu. Heureusement, il est entré à la crèche où il peut dépenser son énergie qui, décidément, ne manque pas. En quelques semaines, il s’est mis à parler en français, ouf. Il teste aussi ma zenitude, ça y est, nous entrons dans la phase du « non », mais pourquoi faut il l’affirmer avec tant de force ? Ca promet pour l’adolescence.
J’ai aussi eu droit à la dernière touche finale Made in Bengladesh. Après plusieurs semaines d’attente, 4 de mes 5 caisses étaient arrivées. Pas de nouvelles de la dernière. Je demande à la poste, je demande au Bengladesh, et je découvre que l’entreprise employée par mon employeur n’avait rien trouvé de mieux que d’ouvrir mes 5 caisses, et de les réorganiser en 4 caisses. Bien sûr, sans m’en parler. Heureusement que mes photos SM n’y étaient pas (je rigole, je n’en ai pas). Bref, j’ai donc toutes mes affaires, et été une dernière fois confrontée au surréalisme de ce pays qui n’a pas tant que ça à envier à la Belgique dans ce domaine.
Depuis, c’est le bonheur de voir mes amis et ma famille. Aussi, accueillir les amis de voyage, Bruxelles semblant plus sexy à visiter que Dhaka ! J’ai eu et j’ai toujours un gros choc culturel depuis mon retour. Marcher dans la rue sans qu’on ne me regarde, avoir de l’eau potable à profusion (pour arroser les plantes, prendre un bain, la chasse des toilettes, c’est hallucinant pour moi), avoir un facteur qui tous les jours vient chez moi, à pied, pour me donner mon courrier, avoir de l’électricité tout le temps, pas de brut de générateur, avoir des rues avec des trottoirs, avoir bientôt (inch’Allah) une allocation temporaire de chômage 10x supérieure au salaire de base d’un bangladeshi, avoir des journaux gratuits, des fêtes subventionnées presque tous les WE, des marathons, des brocantes, des expositions, des musées en pagaille, des fruits, des légumes, de la viande et du poisson dont les produits chimiques sont contrôlés, des jeux éducatifs pour tout âge (même le mien !), des parcs propres et sécurisés, etc. Voilà, tout cela pour dire que ces 2 années au Bangladesh m’ont permis de mesurer à quel point j’avais de la chance d’avoir un passeport européen, à quel point des choses simples peuvent être réservées à une tranche de la population, ou de la planète.
Et après ? 3 mois de congé minimum, ce qui me mène à l’été. Puis on verra. D’ici là, c’est un jour à la fois.
Merci pour votre visite:-)