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Voila déjà 3 semaines que nous sommes rentrés au Bangladesh. Lucien a d’abord profité de notre retour pour se taper une bonne gastro. A part ca, il va bien. Il a retrouvé ses habitudes, et force est de constater que son « chez lui » n’est pas la Belgique, mais bien cet appart, dans Gulshan 2, a Dhaka. Ca fait bizarre de le voir s’enraciner dans ce pays si complexe ou nous ne resterons sans doute pas trop longtemps.
Coté professionnel, je dois de nouveau beaucoup bouger/bosser. Il faut développer mon département, et ce n’est pas simple de penser à long terme quand on vient a peine de stabiliser la mission. La crise ne nous épargne pas.
Daniel a beaucoup de travail. Il gère des m… qui sont parfois loin de son idéal. Comment partager avec vous nos frustrations ? L’impression de perdre son temps à gérer des problèmes de ressources humaines, quand le système ne permet pas le changement alors qu’il est essentiel et nécessaire ?
Heureusement, pour moi, l’équipe dans mon département est chouette, pas de grosses divergences de vue à gérer au sein de celle-ci.
Ce qui est cool, c’est que nous avons retrouvés plusieurs chouettes personnes rencontrées ici. Nous rencontrons d’autres gens, qui viennent d’autres horizons. C’est bien. Ca alimente mes réflexions pour la suite. Oui, j’ai envie de changement, mais pour faire quoi ? That’s the question. Apres le plus que audacieux et très fatigant « en cloque en Indonésie, retour a 8 mois pour chercher un appart avant la naissance de Lucien / bébé hyperactif / gros travaux dans la maison et je me transforme en super chef de chantier qui n’y comprend rien du tout / départ au Bengladesh quand Lucien a 5 mois et hop au boulot, full time ». J’ai envie d’autre chose, mais de quoi ? Et ou ? 
Ici, la misère fait le quotidien de chacun, de prêt ou de loin. Je n’ai jamais vu, ailleurs, un endroit ou la pauvreté est a ce point omniprésent. Dans les pays en guerre ou j’ai pu bosser, les pauvres sont entassés dans des camps de refugiés, ou dans des ghettos. Ici, même dans le quartier « protégés, les gens vivent sur le trottoir. C’est incompréhensible d’être au milieu d’une société qui accepte cela, et qui y contribue. Cela me choque parfois, en Belgique, mais cela reste un phénomène isolé. Ici, ce sont des milliers de personnes qui vivent comme ca, comme des chiens.
Nous essayons d’apporter notre pierre a l’édifice, mais comment influencer positivement ce que d’autres, bien plus grands et avec une plus grande expérience échouent a résoudre.
Les mouvements de population des rohingyas, la crise du prix de la nourriture impactent de manière dramatique le quotidien de la population locale.
La saison des pluies commence, avec son lot de maladie et d’inondations. La température monte, on avoisine les 35 degrés en journée, les coupures d’électricité s’intensifient, il fait chaud chaud chaud. Mais ca va, c’est agréable pour le moment.
Je pense a vous, je vous embrasse
Ces 2 dernières semaines, j’ai découvert la Belgique. En bref, j’ai mangé plein de bonnes choses que je ne connaissais pas : du fromage, du pain, des croissants, des sandwichs, etc. et j’ai pu essayer 3 lits différents, j’ai vu un tas de copains et de copines, de 7 à 77 ans, et puis je me suis payé une petite otite, juste pour voir la pédiatre de Saint Elisabeth. J’ai aussi vu mon ostéopathe, et il m’a complètement décoincé la nuque. C’est lui déjà qui m’avait donné un gros coup de pouce contre mon reflux. Franchement, même ma terrienne de Maman y croit dur comme fer maintenant. En plus, le monde est petit, l’ostéo a fait une mission au Bengladesh dans sa jeunesse, c’est une des seules personnes à Bruxelles qui connaissait Dhaka avant qu’on décide d’y aller.
J’ai aussi découvert le froid qui pique, dire oui ou non avec ma tête, faire des mamours a bien du monde, et enfin, être celui qui dort le moins de tout l’avion, lors de notre retour, entre Londres et Dhaka. Parce que moi, je ne marche pas, je cours. Et de l’avant à l’arrière de l’avion en courant, c’est super fun, sauf en business et en 1ere classe, là, ils ont refusé que j’aille. J’ai aussi consciencieusement visité toutes les boutiques de l’aéroport de Londres (ils croyaient que j’allai dormir après, ils sont vraiment des bleus, mes parents).
Depuis qu’on est rentré, on crève de chaud. Et la température va continuer de monter jusqu'à la saison des pluies. Ma Maman doit se déguiser tout le temps, pour ne pas montrer ses formes généreuses (un p’tit compliment, ca ne lui fera pas de tort), et ca la saoule. Vivement une mission en Thaïlande, qu’elle échange ses shalwar kameez contres des mini jupes.
L’avantage, c’est que j’ai abandonne mes pulls de Belgique pour mon short et mes sandales.
Ah oui, je mesure 77 cm, je pèse 10 kilos, et je suis maintenant dans la courbe des moyens. C’est fini d’être petit.
Je vous embrasse, à tout bientôt, Lucien
PS : si par chance l’un d’entre vous aurait envie de venir voir en vrai là ou je vis, mes parents ont une chambre d’amis, on peut y mettre 2 lits, et ca leur ferait trop plaisir d’accueillir des gens ! A bon entendeur !