jeudi 11 septembre 2008

de Lucien, 8 mois

Ma Maman va partir pour 6 jours a Barguna, puis mon Papa à Cox's, au sud, là ou il y a la plus longue plage du monde, mais bon, c'est pas pour ca qu’il y va (qu’il dit).
Après, Maman et moi, on va aller au Népal pour avoir des nouveaux visas. On va passer par Dehli, parce que sinon ce ne serait pas très drôle. Ouf, Sébastien, l’admin vient avec nous. On va faire un petit peu de tourisme en même temps.
Moi, maintenant, je veux marcher. Alors je suis encore plus fatiguant qu’avant. Je ne dors toujours pas (j’ai déjà explique ma théorie sur les lopettes. Moi, je suis comme Papa, je vis la nuit) et j’essaye de grimper un peu partout pour voir comment c’est d’en haut.
J’ai aussi été à la piscine pour la première fois, ce qui m’a permis de réaliser 2 exploits : 1. celui de pavaner en maillot avec mon chapeau de plage assorti. 2. de dormir 10 heures d’un coup pour la première et unique fois de ma vie. Si si. Trop fort.
Ce qui a changé aussi dans ma petite et modeste vie, c’est que je ne souris plus systématiquement à tout le monde. Maintenant, je réserve mes câlins pour ceux que je connais ou qui me plaisent bien.
Je mange le téléphone de Maman (ca doit gouter bon vu le temps qu’elle passe à le chipoter), j’arrache les belles plantes que mes parents ont achetées et je suis toujours en amour pour mes doudous. Je fais des bons quand je suis content et ca ne me déplait pas de me voir dans le miroir.
Je vous embrasse fort, et merci pour vos petits messages (la photo, c'est en bas de chez moi, trop classe, non?)

mercredi 3 septembre 2008

Premier coup de g … de ma Maman

Il y a 2 choses qui me rendent dingue ici.
La première, c’est la pauvreté. Jamais, et pourtant j’en ai déjà arpentés des routes, je n’ai été confrontée à tant de misère. Elle est crue, sale, elle dérange tant elle est inhumaine. C’est le moignon infecté qu’on me met sous le nez dans la rue, l’enfant malade qu’on colle aux vitres de la voiture au feu rouge ou dans l’embouteillage, etc.
Le pire, c’est que j’ai lu plusieurs rapports qui disent tous que les plus pauvres ne sont pas ceux que l’on voit. On parle ici de la pauvreté invisible (invisible poverty). Ce sont ceux qui n’ont même pas accès aux services gratuits, à l’aumône. Je n’ose même pas imaginer.
La vie n’est pas une répétition, et ici, on ne peut que se demander pourquoi ces personnes-là sont à cette place-là, et pas moi. Et faire un nœud dans son estomac.
La deuxième, c’est notre niveau d’incompétence face à cette pauvreté. Mon employeur est une petit ONG de type urgentiste, avec des moyens importants mais limités. Ici, les autres ongs sortent l’artillerie lourde, même si cela n’a pas encore fait beaucoup ses preuves, mais quand même …cela me pèse au quotidien. Je me demande ce que l’on va pouvoir accomplir. Ca compte pour moi car le sens de notre présence ici justifie les sacrifices personnels liés à la distance, le fait d’être loin de mes proches…Il faut que cela serve à quelque chose, sinon, cela n’en vaut pas le prix.
Bon, voila, c’est fait ! Comme quoi, ici aussi je me prends la tête J
Allez, salut et à bientôt

lundi 1 septembre 2008

Voila 1 mois que je suis au Bengladesh … petit mot de Lucien

Ce que je pense, du haut de mes 70 cm...
Ce qui est bien ici, c’est Sukran, ma Nounou qui est plus petite que ma maman (si si). Elle me parle en benglanglais et ce n’est pas toujours très clair mais le cœur y est. Elle râle moins que ma maman quand je hurle la nuit (ce que je continue à faire toutes les nuits, et ca va me couter un paquet de pognon plus tard, en psychanalyse, tout ca). Je m’adapte bien, avec des hauts et des bas. J’adore les mangues, je zieute les chappattis de mes parents et compte y gouter rapidement. Maintenant que mon papa est la, je ne m’en lasse plus. Et comme il est à Paris pour 2 semaines, et bien je regarde la porte tous les soirs et je mange sa photo. Il fait super chaud, moite. J’ai un succès du tonnerre ici, je vais bientôt devoir avoir un body-guard tellement j’attire l’attention. Je n’ai pas encore d’amis de mon âge, ca manque un peu, mais ca n’a pas l’air si facile que ca à organiser. Ici, ils gardent leurs bébés a l’intérieur pendant des mois, alors j’ai peu de chance d’en croiser un dans la rue. Si, il y en a dans la rue, ils sont très pauvres. J’ai beaucoup de chance moi.
Bon, je vous montre ma bouille avec mon Papa et ma Maman. Merci pour tous les petits messages, ca met du baume au cœur de ma Maman. Ciao
Lucien