lundi 18 août 2008

Ma première visite sur le terrain

Apres 2 semaines a Dhaka, j’ai pris la route pour ma première visite sur le terrain. Direction Shariatpur, un district au sud du pays qui a été inondé l’an passé et sur lequel nous avons des programmes en cours, en partenariat avec un ONG locale. En gros, il faut traverser la ville (min 1h) pour arriver au ferry, traverser la rivière (ils disent « rivière » alors qu’on ne fait que distinguer l’autre rive, ca me fait penser a la Manche), puis, on commence à comprendre ce que cela veut dire « le Bangladesh est un pays situé en dessous du niveau de la mer ». C’est simple, à part les routes, les maisons contigües a la roue et celles sur pilotis, tout est inondé. Pour bouger d’un ilot à l’autre afin de visiter la zone, rien ne vaut donc la bonne vieille barque à essence, qui fait « pop pop pop » et qui s’arrête quand une algue s’est coincée dans l’hélice. Et hop, un coup de soleil sur le pif en fin de journée, je n’avais pas imaginé passer plusieurs heures sur l’eau !

Ca m’a fait drôle de partir sur le terrain, cela faisait longtemps, depuis l’Indonésie.

C’était un voyage dans l’irréel, moi qui baigne dans le confort moderne (GSM, internet avec le wifi, soins médicaux comme je le veux, etc.), j’ai croisé des gens qui ont les pieds dans la boue 6 mois par an. Pour le moment, ils travaillent la jute pour la revendre sur le marché (ben oui, les sacs de toile de jute !). Ils immergent des tiges de jute dans l’eau, et la macération facilite l’épluchage de ces tiges. Une gamine de 15 ans qui avait déjà 2 enfants m’a particulièrement touchée.

L’avancement du programme mis en place est catastrophique, pour beaucoup de raisons que je vous passe, mais sachez que les complications administratives sont dignes de celles que j’ai pu vivre au sud Soudan, ou en Belgique, lors de mon dernier retour.

A Dhaka, la vie s’organise petit à petit. On a emménagé dans un appart, rue 118. C’est chouette, grand, avec vue sur le lac de Dhaka. Très joli de loin, comme nous sommes au 3eme étage, ca le fait bien. Très pollué de près. Lucien teste la position des pompages, se retourne dans son lit (et hurle pour qu’on le remette sur le dos quand Monsieur en a marre, hhhhhhhargeuuuuuuuuuu,), et est gâté par Sukran, sa Nounou tout fraichement recrutée. Nous cherchions une Nounou, et nous avons trouvé deux sœurs, Sukran et Beauty, cela ne s’invente pas des prénoms pareils, sans vraiment chercher. Elles sont issues d’une famille de 8 sœurs, rien que cela ! Sukran est douce comme un cœur, très gentille avec Lucien. J’ai confiance, et cela n’a pas de prix car le gap culturel est immense, et ce n’était pas gagné de trouver quelqu’un qui colle avec nos envies.

Une autre chose assez marquante, c’est que les Bangladeshi sont très curieux, et comment dire ? Ca ne les gênent pas du tout de fixer quelqu’un pendant de longues minutes. Ils me suivent aussi, dans la rue, tellement je dois les intriguer (si si !). Pour ceux qui ont visité l’Inde, c’est juste pareil, en pire. Alors avec un bonhomme blond comme son père, et une poussette, c’est carrément toute la rue qui me suit. Je ne vois pas encore très bien comment je vais gérer cela a la longue (et a court terme non plus, d’ailleurs !).

Nous avons internet au travail, et sous peu a la maison.


Je pense à vous !

vendredi 1 août 2008

Première semaine au Bengladesh … chapati et Masala à gogo

Ce qu’on remarque, c’est qu’il fait chaud, et moite. On m’avait parlé de la pollution et des mendiants, mais à ce niveau-là, ca va, j’imagine que c’est plutôt à la longue que cela use.
Dhaka, la capitale ou nous allons vivre, est une énorme mégapole de plus de 15 millions d’habitants. Nous atterrissons dans Gulshan, un quartier privilégié du nord de la ville.

Le voyage avec Lucien + le décalage horaire = nous étions sacrément arrachés lors des premiers jours. La priorité étant de trouver une « Aya », c’est- à-dire une nounou pour Lucien, vu que je suis sensée travailler. Il n’y a pas de crèche pour les petits bébés de l’âge de Lucien. La chance est avec nous, et nous avons engagé Sukran (pour ceux qui ne le savent pas, cela signifie merci en arabe) et Beauty, 2 sœurs bangladeshis. Des prénoms pareils, ca ne s’invente pas ! Elles sont adorables, super mignonnes (je n’ai pas encore osé les prendre en photo pour vous montrer cela) parlent un anglais assez sommaire (les premiers mots de Lucien risquent d’être épiques), sont plus petites que moi (si si !) et traitent Lucien comme si c’était le Pape ou Madonna, comme vous voulez.

Lucien découvre son nouveau monde avec curiosité. Il a du mal à s’accommoder avec la chaleur, nous y allons progressivement. Puis, il y a tous les « à coté » auxquels on ne pense pas forcement : trouver des langes, de la bouffe, un pédiatre, etc.

Et en même temps, commencer à bosser, dans un flou artistique complet, pour ce qui est de mes priorités et objectifs professionnels. En gros, tout est à faire, et c’était pour hier. Comme d’hab chez ACF (ok, je vais me laver la bouche).

Et aussi trouver un appart parce que là, on squatte à la guesthouse d’ACF. D’avoir vécu avec d’autres familles en mission, je sais que c’est assez lourd de se retrouver avec bébé de XX quand on ne l’a pas choisi, surtout quand il hurle la nuit (pas de changement a ce niveau-là …). Donc, on cherche activement un appart, pour être chez nous, ne pas nous brouiller avec toute la mission, et y inviter Parrain, Marraine, amis, famille, futurs amis, etc.

Quand l’électricité fonctionne, nous avons accès a internet, et à skype J. J’installe la camera cette semaine.

Voila en bref, les premières nouvelles. Je pense à vous. Et merci pour les petits messages laissés sur ce blog !

Cl