Ca m’a fait drôle de partir sur le terrain, cela faisait longtemps, depuis l’Indonésie. C’était un voyage dans l’irréel, moi qui baigne dans le confort moderne (GSM, internet avec le wifi, soins médicaux comme je le veux, etc.), j’ai croisé des gens qui ont les pieds dans la boue 6 mois par an. Pour le moment, ils travaillent la jute pour la revendre sur le marché (ben oui, les sacs de toile de jute !). Ils immergent des tiges de jute dans l’eau, et la macération facilite l’épluchage de ces tiges. Une gamine de 15 ans qui avait déjà 2 enfants m’a particulièrement touchée.
L’avancement du programme mis en place est catastrophique, pour beaucoup de raisons que je vous passe, mais sachez que les complications administratives sont dignes de celles que j’ai pu vivre au sud Soudan, ou en Belgique, lors de mon dernier retour.
A Dhaka, la vie s’organise petit à petit. On a emménagé dans un appart, rue 118. C’est chouette, grand, avec vue sur le lac de Dhaka. Très joli de loin, comme nous sommes au 3eme étage, ca le fait bien. Très pollué de près. Lucien teste la position des pompages, se retourne dans son lit (et hurle pour qu’on le remette sur le dos quand Monsieur en a marre, hhhhhhhargeuuuuuuuuuu,), et est gâté par Sukran, sa Nounou tout fraichement recrutée. Nous cherchions une Nounou, et nous avons trouvé deux sœurs, Sukran et Beauty, cela ne s’invente pas des prénoms pareils, sans vraiment chercher. Elles sont issues d’une famille de 8 sœurs, rien que cela ! Sukran est douce comme un cœur, très gentille avec Lucien. J’ai confiance, et cela n’a pas de prix car le gap culturel est immense, et ce n’était pas gagné de trouver quelqu’un qui colle avec nos envies.
Une autre chose assez marquante, c’est que les Bangladeshi sont très curieux, et comment dire ? Ca ne les gênent pas du tout de fixer quelqu’un pendant de longues minutes. Ils me suivent aussi, dans la rue, tellement je dois les intriguer (si si !). Pour ceux qui ont visité l’Inde, c’est juste pareil, en pire. Alors avec un bonhomme blond comme son père, et une poussette, c’est carrément toute la rue qui me suit. Je ne vois pas encore très bien comment je vais gérer cela a la longue (et a court terme non plus, d’ailleurs !).
Nous avons internet au travail, et sous peu a la maison.
Je pense à vous !